Nourri (adjectif, part. passé de nourrir)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

XV e siècle. Participe passé de nourrir.
1. Qui a du corps, qui est abondant. Ce blé, ce grain est bien . En termes de peinture ou de calligraphie. Une couleur e, bien empâtée. Un trait , qui n'est pas trop fin. Par anal. Des applaudissements s. Feu , fusillade e, importante et soutenue. Un exposé, un ouvrage . Un style , un style riche, abondant en images, en figures variées.
2. Au pied , se dit des arbres et des plantes dont on ne voit pas la racine, et principalement de la fleur de lis dont la partie inférieure a été sectionnée horizontalement.


Dictionnaire d'Emile Littré

part. passé de r 



 1   Allaité. Un enfant par sa mère.

 2   Alimenté. Un homme de viande.
BOILEAU: « Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques e ? »
    Bien , qui a les chairs bien développées.
BOILEAU: « Qu'il paraît bien ! quel vermillon ! quel teint ! Le printemps dans sa fleur sur son visage est peint »
FÉN.: « Ses bras étaient nerveux et bien s »
    Par plaisanterie, cet homme est bien , il a beaucoup d'embonpoint.
    Ce grain, ce blé est bien , il est bien plein, bien rempli.
    Terme de peinture. On dit des membres qu'ils sont s et mâles, c'est-à-dire plutôt gros que petits, et plutôt gras que maigres.

 3   Qu'on entretient d'aliments. Un vieillard par charité.
    Fig. Il se dit de l'esprit qui reçoit des aliments intellectuels.
MASS.: « Un esprit de la méditation de la loi de Dieu »
DESTOUCHES: « Quoi ! cet esprit de la sagesse antique.... »
D'ALEMB.: « Malherbe de la lecture des excellents poëtes de l'antiquité, et prenant comme eux la nature pour modèle »
    Un ouvrage de pensées, de réflexions, un ouvrage où les pensées justes, où les réflexions judicieuses abondent.

 4   Élevé, mené au terme de la croissance. Un enfant dans la maison paternelle.
PELLISSON: « Vincent Voiture, né à Amiens, mais à Paris et à la cour »
RAC.: « Ma jeunesse e à la cour de Néron »
VOLT.: « Nourri dans la Scythie, aux plaines d'Arbazan »
    Formé, habitué.
CORN.: « Commandez que son bras dans les alarmes Répare cette injure à la pointe des armes »
BOSSUET: « Nourri dans les compagnies, il connaissait les ordres du royaume »
BOSSUET: « Ces hommes s aux alarmes »
BOSSUET: « Parmi de si bonnes lois, ce qu'il y avait de meilleur [chez les Egyptiens], c'est que tout le monde était dans l'esprit de les observer »
BOILEAU: « Ce guerrier dans l'Église aux querelles »
BOILEAU: « Son coeur toujours dans la dévotion »
RAC.: « Vous, dans la fourbe et dans la trahison »
RAC.: « Moi, dans la guerre aux horreurs du carnage »
FLEURY: « Des hommes s dans la lumière du plus grand monde »
VERTOT: « Une populace élevée et e dans l'obscurité »

 5   Entretenu, en parlant de choses qui se consument. L'incendie par des matières inflammables.
BUFF.: « La chaleur la plus violente, dès qu'elle n'est pas e, produit moins d'effet que la plus petite chaleur qui trouve de l'aliment »
    Fig. Il se dit des personnes chez qui certains sentiments sont entretenus.
RAC.: « Un coeur toujours d'amertume et de pleurs »
VOLT.: « Crains des coeurs ulcérés, s de désespoir »
    Il se dit aussi des sentiments qu'on entretient. Des haines longtemps es.

 6   En termes de guerre, il se dit du feu de l'artillerie, de la mousqueterie qui se suit sans interruption.
BOUGAINVILLE: « Une décharge mieux e ralentit aussitôt leur attaque »

 7   Dont la teinte est fortement marquée, en parlant de couleurs.
CHAPTAL: « Je n'ai jamais obtenu qu'un vert sale, terreux, très nuancé et mal »
    En peinture, une couleur e, une couleur bien empâtée.
    Un trait , un trait qui n'est pas trop fin.
    En calligraphie, cette lettre est bien e, elle a beaucoup de corps ; elle n'est pas bien e, elle est plus déliée qu'il ne faut.

 8   Un style , un style riche, plein, abondant.

 9   Terme de cuisine. Assaisonné. Ragoût de bon jus. Pâté bien .

 10   Terme de marine. Le temps est , lorsque le ciel et l'horizon sont garnis de nuages détachés qui s'élèvent et passent sans opposition.

 11   Terme de blason. Se dit des arbres et des plantes dont on ne voit pas les racines.
    Fleur de lis au pied , lis dont la partie inférieure se termine carrément.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE NOURRI. Ajoutez :

 12   S. m. En termes d'art, qualité de ce qui est plein, abondant.
E. GAUTIER: « Ces instruments.... devenus à la fois plus sonores et plus pleins, ont donné à la musique un liant, un , que ne connaissaient pas nos pères »

 13   Se dit, dans le département de la Manche, des prairies et des terres labourables où les graminées, les plantes fourragères, les prairies artificielles viennent vite et ont un grand pouvoir d'engraissement.
     Avranchin, 16 janv. 1876: Une belle et bonne ferme, sise en la commune de Plomb, d'une contenance d'environ 15 hectares, ayant des bâtiments, se fournissant de tout, avec un excellent


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française



Par plaisanterie, "Cet homme est bien ," Il a beaucoup d'embonpoint.
"Ce blé, ce grain est bien ," Il est bien plein, bien rempli.
Fig., "Un style ," Un style riche, plein, abondant. "Un ouvrage de pensées, de réflexions," Un ouvrage où les pensées justes, où les réflexions judicieuses abondent. On dit aussi, "Un écrivain des bons auteurs," Un écrivain qui fait preuve d'une grande connaissance des bons auteurs.
En Calligraphie, "Cette lettre est bien e," Les traits qui la forment ont beaucoup de corps; et, "Elle n'est pas bien e," Elle est plus déliée qu'il ne faut.
En Peinture, "Une couleur e," Une couleur bien empâtée. "Un trait ," Un trait qui n'est pas trop fin.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)




On dit par plaisanterie, qu'"Un homme est bien ," pour dire, qu'Il a beaucoup d'embonpoint.
On dit, que "Du blé," que "du grain est bien ," pour dire, qu'Il est bien plein, bien rempli.
Et on dit d'Un style riche, plein, abondant, que "C'est un style ". On dit de même, "Un ouvrage de pensées, de réflexions;" et, "Un écrivain des bons auteurs".
Les Maîtres qui apprennent à écrire, disent, qu'"Une lettre est bien e, " pour dire, que Les traits ont beaucoup de corps; et, qu'"Elle n'est pas bien e," pour dire, qu'Elle est plus déliée qu'il ne faut.
En termes de Blason, il se dit Des plantes qui ne montrent point de racines, et des fleurs de lis dont la pointe d'en bas ne paroît pas.
En termes de Peinture, "Une couleur nourrie," est une couleur bien empâtée; "Un trait ," est Un trait qui n'est pas trop fin.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



.
On dit par plaisanterie, qu'"Un homme est bien ," pour dire, qu'Il est plus gros ou plus gras qu'il ne faudroit.
On dit, que "Du blé," que "du grain est bien ," pour dire, qu'Il est bien plein, bien rempli.
Et on dit d'Un style riche, plein, abondant, que "C'est un style ."
Les Maîtres qui apprennent à écrire, disent, qu'"Une lettre est bien e," pour dire, que Les traits en sont bien formés. Et, qu'"Elle n'est pas bien e," pour dire, qu'Elle est plus déliée qu'il ne faut.
En termes de Blason, il se dit Des plantes qui ne montrent point de racines, & des fleurs de lis dont la pointe d'en bas ne paroît pas.
En termes de Peinture, "Une couleur e," est Une couleur bien empâtée. "Un trait ," est Un trait qui n'est pas trop fin.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)



Il a les signific. de son verbe.
On dit par raillerie, qu'"Un homme est bien ," pour dire, qu'Il est plus gros ou plus gras qu'il ne faudroit. Et on dit, que "Du bled," que "du grain est bien ," pour dire, qu'Il est plein & gros, qu'il n'est pas maigre.
Les maistres qui monstrent à escrire disent, qu'"Une Lettre n'est pas bien e," pour dire, qu'Elle est plus deliée qu'il ne faut, & qu'"Elle est bien e," pour dire, qu'Elle est formée comme elle le doit estre.




Emplacement dans le dictionnaire :

nouille
nouille
nouilles
noulet
noumène
nounou
nounou
nounours
nourrain

nourrice
nourricier
nourrir
nourrissable
nourrissage
nourrissant
nourrissement
nourrisseur
nourrisson
nourriture
nous




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...à parler. Clytemnestre si le ciel le décrète, à quoi bon le celer ? Le Vieillard comme part de ta dot, je te suivis, ô reine, de ta Sparte natale au palais de Mycène. Clytemnestre mon père t'a nourri dès tes plus jeunes ans. Le Vieillard que ne ferais-je pas pour toi, pour tes enfants ? Clytemnestre vieillard, tu m'as toujours fidèlement servie. Le Vieillard certes, pour ton époux je...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...pareil. Rives du Simoïs, vallons, forêt neigeuse, ô grottes de l'Ida, montagne sourcilleuse, versants, plateaux, sommets, où Pan habite encor les bercails et les âtres, plût au ciel que Pâris, nourri parmi les pâtres, ne vous foulât jamais ! Ah ! L'épouse de Zeus et la vierge d'Athène et la blanche Cypris, qui par le monde mène les coeurs émerveillés, près des limpides eaux, source aux...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...au coussin, ceinturée de perles indiques. -je dirai comme au doux essaim des favones rouvrent leur sein les gracieuses heures véridiques. PÈL. PAS., BOCAGE, MOI QUE... Moi que la noble Athène a nourri, moi l'élu des nymphes de la Seine, je ne suis pas un ignorant dont les muses ont ri. L'intègre élément de ma voix suscite le harpeur, honneur du Vendômois ; et le comte Thibaut n'eut pas de...


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...aimés, puisque l'ombre qui croît me les a dérobés. Apollon me chérit, et le fils de Mercure, le bon Pan corne-bouc, de mon jeune âge eut cure. Dans le sacré Cyllène où les nymphes des eaux m'ont nourri, de ma main j'ai coupé maints roseaux : d'un art industrieux j'y sais feindre à merveille la cime des forêts, quand le matin l'éveille. ÉNONE CL. VIS., II, CE NE SONT Ce ne sont pas ceux-là qui...


Citation n°5 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...ayant vaincu le temps, d'âges en âges donne aux femmes la douceur, aux hommes un coeur pur. Ainsi je te salue, ô vierge aux yeux d'azur. ÉRYPHILE Suivant la docte trace du Mantouan fameux qui m'a nourri de sa grâce, sur le Styx odieux et l'Achéron avare, ériphyle, je viens au fond du noir Tartare. Ne me dédaigne pas, mâne charmante, laisse brûler devant mes yeux ton antique tristesse, et tes...


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